Le va’a à l’écoleBureau EPS2026-10-12T20:15:21-10:00
Le va'a à l'école
Activité nautique et pratique patrimoniale, le va'a a toute sa place dans la programmation de l'EPS. Il se pratique dans un cadre de sécurité précis, fixé par l'arrêté n° 1227 CM du 30 août 2007.
Le va'a appartient au patrimoine culturel des élèves polynésiens : il est porteur de sens et recueille leur adhésion. En EPS, il relève du champ d'apprentissage « adapter ses déplacements à des environnements variés ».
L'activité dépasse la seule acquisition de techniques. Conduite par l'enseignant avec ses élèves, sans souci excessif de technicité, elle s'inscrit dans un projet éducatif global : former des élèves autonomes et responsables, capables d'agir sur leur environnement, de se situer dans le groupe et d'agir sur lui.
Elle demande en retour une préparation rigoureuse. Le matériel est lourd et coûteux, le plus souvent prêté par un club, et la sécurité se pose à chaque séance. Construire les compétences d'une pratique sûre est d'ailleurs l'un des premiers objectifs de la séquence.
Organiser un cycle de va'a
Trouver le partenaire et le siteLe va'a s'enseigne là où les conditions sont favorables : une école de va'a ou un club ouvert aux scolaires à proximité, une équipe éducative stable, un enseignant ou un intervenant qui pratique lui-même. Une convention avec le club ou le prestataire fixe le prêt des pirogues et du bateau de sécurité.
Solliciter la communeLa demande est adressée à la commune, sous couvert de l'IEN de circonscription. Elle précise le plan d'eau de pratique (zonage) et le lieu de mise à l'eau, équipé au minimum de douches, au mieux de vestiaires. Lorsque la zone n'est pas encore homologuée, la DGEE transmet en parallèle la zone de pratique et la réponse de la commune à la direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM).
Réunir les piècesJustificatifs d'identification du bateau de sécurité et agrément de son pilote (pièce d'identité, acte de naissance, permis, assurance responsabilité civile), agrément des intervenants extérieurs, protocole de sécurité établi avec la commune et le prestataire, projet pédagogique.
Demander l'autorisation de sortieLe cycle est une sortie régulière : formulaire A1 dans le 1er degré, annexes du 2nd degré pour les collèges et les lycées. La gendarmerie et l'infirmerie sont informées par courrier. Formulaires du 1er degré, calculer la date limite.
Le conseiller pédagogique EPS de la circonscription peut accompagner le directeur d'école dans ces démarches. Agréments des intervenants.
Les règles de sécurité
Annexe de l'arrêté n° 1227 CM du 30 août 2007 réglementant la pratique du va'a en milieu scolaire primaire et secondaire (JOPF du 6 septembre 2007), qui abroge l'arrêté n° 1034 CM du 7 septembre 1989.
1. Savoir nager
L'élève justifie de son aptitude à la nage par une attestation officielle d'un organisme habilité : parcours en aisance de 50 mètres au moins, départ sauté ou plongé. À défaut, il réussit un test : 50 mètres en nage libre, départ sauté ou plongé, et un test d'aisance en immersion.
2. Gilet de sauvetage
Son port est obligatoire pour tous les élèves. L'enseignant en vérifie l'état et s'assure qu'il est convenablement attaché.
3. Équipement de la pirogue
Réserves de flottabilité à l'avant et à l'arrière, ou tout autre dispositif du constructeur assurant la flottabilité. Écopes fixées à l'embarcation par des cordelettes.
4. Le plan d'eau
Un plan des zones d'activité, affiché sur le site, indique les limites de navigation et les zones dangereuses interdites. En lagon, l'approche et le franchissement des passes sont strictement interdits ; près d'une passe, l'enseignant analyse avec rigueur le courant (direction, force) et la houle.
5. Organisation des secours
L'encadrement dispose des numéros des secours (pompiers, médecins, hôpital, gendarmerie), qu'il est souhaitable d'afficher. Une trousse de premiers secours est présente sur le lieu d'activité.
6. Dispositif de sauvetage
Un bateau à moteur d'intervention, adapté au plan d'eau et prêt à l'emploi, équipé d'un dispositif de remorquage d'un va'a. Hors lagon, il est obligatoirement sur l'eau. En lagon, avec une seule pirogue double et l'enseignant à bord, sa présence sur l'eau n'est pas indispensable.
7. Encadrement
École élémentaire : une personne ayant la compétence pédagogique pour le niveau visé et une personne chargée de la sécurité ou d'une animation à terre (enseignants ou intervenants extérieurs). L'une des deux est titulaire d'une attestation de premiers secours. Second degré : le professeur d'EPS, qui peut être secondé. Ces modalités valent pour l'effectif d'une classe.
8. Conditions de sortie
L'enseignant, responsable pédagogique de la classe, peut suspendre la sortie s'il juge la sécurité insuffisante : conditions météorologiques, force du vent, état de la mer, matériel inadapté ou encadrement insuffisant.
9. Embarcations sur l'eau
Leur nombre dépend du niveau des élèves et du type d'embarcation. L'activité ne peut jamais se dérouler avec plus de quatre embarcations en même temps sur le plan d'eau.
Pratique hors lagon
Dans un site sans lagon, la pratique reste exceptionnelle et suppose une autorisation préalable. Le directeur d'école ou le chef d'établissement transmet un dossier détaillé : caractéristiques géographiques du site, encadrement prévu (nombre d'accompagnateurs et qualifications), dispositifs de sécurité requis par le contexte. L'autorisation n'est pas délivrée si une pratique en lagon est possible à proximité. L'arrêté confiait cette autorisation aux directions de l'enseignement de l'époque : la demande s'adresse aujourd'hui à la DGEE (eps@education.pf), ou à la direction de l'enseignement privé concernée.
Taux d'encadrement dans le 1er degré
Les activités nautiques avec embarcation sont des activités à encadrement renforcé : l'intervenant rémunéré détient la carte professionnelle de la DJS. Taux minimum fixés par la circulaire n° 10790/MEA/DGEE/DAPE/EPS du 1er mars 2021 (annexe 2) :
École maternelle
École élémentaire
Jusqu'à 12 élèves : 1 enseignant et 1 adulte diplômé et agréé, ou un autre enseignant. Au-delà : 1 adulte diplômé et agréé, ou un autre enseignant, de plus par groupe de 6 élèves au plus.
Jusqu'à 24 élèves : 1 enseignant et 1 adulte agréé, ou un autre enseignant. Au-delà : 1 adulte agréé, ou un autre enseignant, de plus par groupe de 12 élèves au plus.
La même circulaire impose une brassière de sécurité conforme, adaptée à la taille et attachée, la réussite à un test de natation et une surveillance constante par une embarcation de sécurité adaptée au plan d'eau. Ces taux concernent l'activité sportive : l'encadrement de la vie collective relève des règles des sorties scolaires.
La circulaire n° 6437/MEA du 10 novembre 2021 sur les sorties scolaires du 1er degré reprend les règles de l'arrêté de 2007 en les actualisant : attestation de premiers secours PSC1 ou équivalent (l'arrêté cite l'AFPS), intervenants extérieurs agréés par la DGEE.
Conseils pour la mise en œuvre
D'après un document de Mme Michèle BECK, IA-IPR EPS. Ces conseils ne remplacent pas la réglementation : ils nourrissent la réflexion des équipes pédagogiques.
Un état des lieux : la diversité est la règle
Normaliser la pratique dans toutes les écoles condamnerait des organisations qui font, ici et là, la preuve de leur efficacité. Le va'a s'enseigne là où existent des conditions favorables : stabilité de l'équipe éducative, proximité d'une école de va'a ou d'un club ouvert aux scolaires, présence dans l'équipe d'un « expert », souvent pratiquant lui-même, enseignant ou intervenant extérieur.
La mise en place reste coûteuse, en argent comme en préparation et en entretien. Le prix d'une pirogue impose le plus souvent de coopérer avec un club, dont le matériel est rarement adapté à l'enseignement scolaire. Pirogues lourdes et encombrantes, malaisées à manipuler hors de l'eau, rames, écopes, gilets : le matériel demande une vigilance constante et un entretien régulier.
Enfin, un chavirage peut provoquer la panique d'un élève immergé. Ce risque se prend en compte dans les contenus d'enseignement et dans l'organisation de la leçon.
Sécurité passive : le matériel, le lieu, la surveillance
Le matériel. Chaque élève porte un gilet de sauvetage que l'enseignant vérifie. Chaque embarcation a ses écopes. On contrôle la flottabilité et l'état des pirogues avant la mise à l'eau, qui se fait sans chocs ; la même vigilance en navigation évite les collisions.
Le lieu. À chaque leçon, l'enseignant définit explicitement le périmètre de navigation selon la météo et le contenu de la leçon. Le site le plus sûr devient dangereux par mer agitée ou vent fort : apprécier les risques et décider de maintenir ou de suspendre l'activité lui revient.
La surveillance. Toujours accompagné d'un autre intervenant, l'enseignant choisit son organisation et sa place : sur l'eau ou au bord, enseigner ou surveiller. Ce choix tient compte du site, du niveau technique, de la maturité et du comportement des élèves, du contenu de la leçon, de la météo et des compétences de l'intervenant.
Le bateau de sécurité : quelques mises au point
Son caractère obligatoire concentre les préoccupations des enseignants. Beaucoup passent le permis en pensant acquérir ainsi la compétence nautique. Or l'aisance au pilotage s'acquiert par la pratique : un pilote débutant est un danger potentiel avant d'être une aide.
Un bateau de moins de 10 CV se pilote sans permis, mais il manque de puissance pour intervenir sur des pirogues lourdes, a fortiori par houle ou vent fort. S'il transporte des élèves en plus de l'enseignant, il ne peut pas secourir une pirogue.
Un moteur de 15 CV, le plus courant, permet de se déplacer vite sur le plan d'eau et de guider un équipage qui vient de chavirer, à condition de ne pas être surchargé d'élèves « en attente ». Il ne permet pas un remorquage efficace.
Sécurité active : prévenir la noyade
La noyade est le premier risque de toute activité nautique ou aquatique. Quelques précautions simples s'imposent :
vérifier au préalable le savoir-nager (voir la règle n° 1) ;
faire porter un gilet de sauvetage dûment attaché ;
apprendre dès les premières leçons les manœuvres en cas de chavirage : remettre la pirogue à flot, la vider, remonter à bord. Ces premières compétences évitent la panique en cas de dessalage imprévu.
Créer les meilleures conditions de pratique
Des enseignants compétents. Chaque enseignant apprécie si son expertise lui permet d'enseigner l'activité dans des conditions de sécurité optimales. Si le titulaire de la classe ne se sent pas compétent, un échange de service au sein de l'école est une solution.
Un temps de pratique suffisant. La préparation et le rangement du matériel, les explications, le bilan et le trajet jusqu'à la base nautique réduisent la pratique effective. Comptez une dizaine de séances consécutives pour stabiliser les apprentissages et au moins une heure de pratique effective par séance, compte tenu des rotations de rameurs. Le trajet ne doit pas dépasser le temps d'activité. Regrouper les trois heures hebdomadaires d'EPS pendant le cycle peut être envisagé.
Des niveaux de classe adaptés. Le portage d'un matériel lourd, dans des espaces encombrés et sur un sol inégal ou glissant, conduit à réserver l'activité aux CM1, CM2 et CJA. Une structure disposant de matériel adapté à l'âge des élèves peut accueillir des élèves plus jeunes.
La programmation du va'a, inscrit dans le patrimoine des élèves, ne peut qu'être recommandée. Elle ne peut pourtant l'être au prix de leur sécurité.
Enseignant et intervenant : qui fait quoi ?
L'enseignant organise. Avant la séance, il constitue les groupes et distribue les rôles (responsable des rames, des gilets, des écopes). Pendant la séance, il veille au respect des règles de sécurité et des consignes. Après, il organise le rangement, le rinçage des gilets et des rames, le portage des pirogues.
L'enseignant analyse et structure. Il situe la séance dans le cycle, reprend le vécu de la séance précédente et fixe le thème. Pendant la séance, il recentre l'attention des élèves sur ce thème. Après, sur place ou en classe, il fait le point sur le fonctionnement du groupe et fait parler, écrire ou dessiner les élèves, par exemple autour d'un dessalage involontaire.
L'enseignant enseigne et peut assurer la sécurité. Il participe activement à l'enseignement, comme responsable pédagogique de la séance ou en soutien de l'intervenant. S'il est titulaire du permis bateau, il peut se placer sur le bateau de sécurité pendant que l'intervenant anime les situations.
L'intervenant extérieur (éducateur sportif, membre de club, parent d'élève) est le plus souvent le technicien qui transmet un savoir-faire. Selon le cas, il est conseiller technique, responsable de la sécurité ou animateur. Enseignant et intervenant s'accordent en début de cycle sur les rôles, les objectifs et les contenus.
L'enseignant demeure constamment responsable des élèves qui lui sont confiés, y compris pendant le temps où ils sont avec l'intervenant.
Séquences pour la classe
Deux séquences de six séances en va'a ono (pirogue à six places), pour des élèves débutants puis initiés. Les situations sont à adapter à la classe, au vécu des élèves, au plan d'eau et à la durée du cycle.
L'activité et ses exigences
Activité sportive traditionnelle, le va'a est une activité aquatique de propulsion d'une embarcation à l'aide de rames, individuelle ou collective selon l'embarcation. Dans le sport civil, il débouche sur des courses de vitesse ou d'endurance.
Il pose à l'élève quatre problèmes : vaincre l'appréhension face à l'incertitude du milieu ; maîtriser l'équilibre de l'embarcation ; propulser, ce qui demande force, endurance et coordination ; acquérir assez d'autonomie pour assumer l'ensemble des contraintes de l'activité.
Connaissances
Savoir-faire
Attitudes et comportements
Caractéristiques de l'engin Règles de sécurité Limites de la zone d'évolution
Savoir nager Prendre des appuis efficaces pour propulser et diriger Maintenir l'équilibre Gérer son énergie Coordonner des actions collectives
Maîtriser son émotivité Coopérer Respecter les règles Assumer des responsabilités
La démarche vise des élèves autonomes : l'élève découvre, affine, expérimente, représente et synthétise ; l'enseignant observe, relance, aide, sollicite et reste attentif aux besoins de chacun.
Référence : « Le plein air… un jeu d'enfant », Amicale EPS et Revue EPS.
Niveau 1 : débutant
Concevoir une séquence suppose de fixer d'abord le niveau de maîtrise visé, exprimé par une situation de référence. Plusieurs niveaux sont possibles, du débutant qui découvre l'activité à l'élève capable de naviguer seul sur un va'a hoe. Choisissez selon votre classe, le vécu des élèves, les installations et la durée dont vous disposez.
Situation de référence
Effectuer en va'a ono un parcours comprenant :
l'embarquement à un endroit où les rameurs ont pied ;
une marche arrière suivie d'un quart de tour ;
une ligne droite entre deux bouées ;
un virage autour d'une bouée, balancier à l'intérieur du virage ;
un arrêt précis, nez de la pirogue contre une bouée ;
le débarquement.
Critères de réussite
Embarquer côté balancier, en posant les fesses sur la pirogue avant de poser les pieds au fond.
Tenir la rame de sorte que la face propulsive soit bien orientée, en marche avant comme en marche arrière.
Virer près de la bouée qui sert de repère en gardant le plus de vitesse possible, sans toucher la bouée avec la pirogue ni avec le balancier.
Passer entre les bouées sans les toucher.
Faire participer tous les rameurs à la manœuvre pour faire pivoter la pirogue et l'arrêter à l'endroit voulu.
Le temps mis pour réaliser tout le parcours sert d'indicateur, à condition de présenter plusieurs fois exactement le même parcours au cours de la séquence. La comparaison des temps permet à l'enseignant d'évaluer les progrès et aux élèves de s'auto-évaluer.
Séance 1 : découvrir le lieu, le matériel et la pirogue
Objectifs. Connaissances : port du gilet, zone d'évolution autorisée, personnes et intervenants, parties de la pirogue (distinguer l'avant de l'arrière). Savoir-faire : embarquer, débarquer, manier la rame, suivre une direction. Comportements : participer à la mise en place et au rangement du matériel. Une grande partie de cette première séance porte sur les connaissances.
Situation 1 : connaître les lieux et les personnes
Visite de la base nautique et de ses installations ; si possible, visite du plan d'eau en petits groupes à bord du bateau de sécurité. Les élèves étudient le plan de la zone d'évolution autorisée (obligatoire) et situent les repères. On vérifie au passage le matériel : écopes (obligatoires), pirogues, gilets.
Situation 2 : se mettre en sécurité, préparer la navigation
Deux groupes. Groupe A : vérification de l'aisance aquatique ; sur un parcours dans l'eau, les élèves expérimentent les effets du gilet (peut-on s'immerger ? se déplacer sur le ventre, sur le dos ?). Groupe B : présentation de la rame, sa tenue, le trajet moteur, le changement de main.
Mise à l'eau des pirogues, autant que possible par les élèves eux-mêmes : c'est la première phase collective de l'activité, qui demande organisation et coordination. Au moins douze élèves portent la pirogue : cinq au moins à chaque extrémité, deux au balancier. Un capitaine, le ra'atira, donne le signal du portage.
Situation 3 : naviguer
Les pirogues sont à l'eau, tenues au bord par la pointe arrière. Les élèves rament en recherchant les sensations d'appui et la meilleure position des mains sur la rame, puis s'exercent au changement de bord, individuellement puis collectivement.
Ensuite, l'enseignant ou l'intervenant embarque comme pēperu : aller d'une bouée à l'autre en coordonnant les rameurs pour une propulsion efficace, revisiter le plan d'eau et vérifier que les élèves localisent les repères.
Séance 2 : diriger la pirogue
Objectifs. Connaissances : caractéristiques de la pirogue, nom des différentes parties en français et en reo mā'ohi, rappel des règles de sécurité. Savoir-faire : connaître les actions qui dirigent la pirogue, coordonner la propulsion. Comportements : être assez autonome pour mettre les pirogues à l'eau, vérifier le matériel de sécurité et s'équiper des gilets.
Situation 1 : connaître la pirogue
À partir d'un schéma légendé, désigner et nommer les parties de la pirogue. En fin de séance, le même schéma, sans légende, sert d'évaluation.
Situation 2 : embarquer et naviguer en ligne droite
Parcours parallèle au bord, passage entre deux bouées sans les toucher ; deux équipes, une pirogue. Chaque équipe fait six passages en changeant de pēperu à chaque fois : tous les élèves passent à ce poste. Les changements d'équipe sont de plus en plus rapides, en respectant les consignes : monter et descendre côté balancier, ne pas se mettre debout dans la pirogue. La situation pose le problème : comment diriger la pirogue, qui la dirige, comment et quand agir ?
Situation 3 : apprendre l'appel et l'écart
L'appel consiste à attirer l'eau vers la pirogue, l'écart à écarter l'eau en prenant appui sur le bord. Les deux gestes sont montrés à terre. Puis, pirogue perpendiculaire au bord, on manœuvre côté balancier pour obtenir des déplacements latéraux : tous les élèves font des appels, que constate-t-on ? Tous font des écarts, que constate-t-on ?
Même travail du côté opposé au balancier : le risque de dessalage est alors important. L'enseignant se tient près du ama pour le retenir lorsqu'il décolle de l'eau. Faire constater le problème et le justifier.
Situation 4 : faire pivoter la pirogue
Même dispositif. L'enseignant, dans l'eau, tient le ama en son milieu : il est le pivot autour duquel les rameurs font tourner la pirogue. Consigne : faire tourner l'avant vers la droite. Appel ou écart ? Qui fait l'appel, qui fait l'écart ? Reprendre en ajoutant une contrainte : manœuvrer exclusivement côté balancier. Même tâche vers la gauche.
Situation 5 : évaluation par le jeu
La chasse au trésor : deux pirogues au plus récupèrent le maximum d'objets flottants sur le plan d'eau. Les dessalages sont fréquents dans ce jeu : le bateau de sécurité est sur l'eau et les élèves en sont prévenus.
Séance 3 : première mise en œuvre de la situation de référence
Proposée plus tôt, la situation de référence aurait posé des problèmes de sécurité à des débutants. En troisième séance, elle permet aux élèves de se situer par rapport à ce qu'ils savent déjà et à ce qu'il leur reste à apprendre.
Constituez dès maintenant des équipes de six rameurs, stables jusqu'à la fin de la séquence. Proposez plusieurs fois la situation à chaque équipe : la première tentative relève de la découverte, les suivantes sont évaluées selon les critères de réussite.
Séance 4 : virer, changer de place, dessaler et ressaler
Objectifs. Connaissances : les rôles des rameurs (fa'ahoro, tare, pēperu). Savoir-faire : les actions à conduire en cas de dessalage, les actions liées à sa place dans des manœuvres comme le virage. Comportements : agir ensemble, maîtriser son émotivité.
Situation 1 : réaliser rapidement un virage
Il s'agit de maîtriser la trajectoire, pour que la distance parcourue dans le virage soit la plus courte possible, et de conserver la vitesse. Le travail porte sur la conduite de la pirogue, la répartition des rôles et la coordination des actions.
Dispositif : un slalom balisé par des bouées plus ou moins rapprochées selon le niveau visé ; deux pirogues sur le plan d'eau. But : réaliser le parcours sans toucher les bouées. Consignes : les rameurs 2 à 5 sont les « moteurs », ils propulsent la pirogue et maintiennent la vitesse sans s'occuper de la direction ; le pēperu et le rameur 6 dirigent la pirogue par des appels ou des écarts ; chaque équipe fait trois fois le parcours en changeant de rôle, pendant que l'autre équipe navigue.
1 : pēperu, qui dirige la pirogue. 2 à 5 : tura'i, les moteurs ; l'un d'eux, le tare, rythme la cadence et indique le changement de côté. 6 : fa'ahoro, qui donne la cadence : les autres rameurs suivent son coup de rame. Il participe activement à la direction, notamment dans les virages.
Situation 2 : virer en changeant de place
Même objectif, même dispositif. But : réaliser le virage sans toucher les bouées, six fois de suite. À chaque tentative, les rameurs se décalent d'une place : le 6 saute à l'eau et prend la place du 1, ce qui suppose de savoir remonter dans la pirogue en pleine eau. Critère de réussite : quatre virages sur six sans toucher les bouées.
Situation 3 : dessaler et ressaler
Les élèves provoquent volontairement le dessalage. Le ressalage consiste à remettre la pirogue à flot, récupérer les rames et vider la pirogue. Sécurité : attention au ama lorsqu'il retombe dans l'eau. Sans gilet, il suffit de ne pas remonter immédiatement à la surface ; avec le gilet, qui limite l'immersion, les élèves se protègent la tête avec les bras.
Procédure du ressalage :
s'assurer qu'aucun rameur n'est blessé ;
récupérer les rames ;
placer deux rameurs au ama pour le soulever ;
placer les autres rameurs pour retourner la pirogue ;
vider la pirogue avec l'écope, avec les rames ou en la secouant d'avant en arrière ;
lorsqu'elle peut porter un rameur, un premier élève monte à bord, puis un deuxième, et ainsi de suite.
Dispositif : eau peu profonde, jusqu'aux épaules des élèves ; deux pirogues. Consignes : se protéger la tête au moment du dessalage, respecter l'ordre des actions. Critères de réussite : ressalage sans intervention de l'adulte, durée acceptable (fixée par l'enseignant), respect de la procédure.
Séance 5 : excursion sur le lagon
Objectifs. Maîtriser les savoir-faire, prendre des responsabilités, renforcer les connaissances.
Après une nouvelle présentation de la zone de navigation sur le plan réalisé à cet effet (en géographie ou en technologie), l'enseignant propose une excursion sur le lagon. Les pirogues sont vérifiées comme à chaque séance (check-list de sécurité) et un adulte embarque sur le bateau suiveur.
Les élèves qui ne naviguent pas tout de suite restent à terre sous la responsabilité d'un adulte : ils préparent leur excursion et révisent les connaissances du questionnaire de la séance 6. L'excursion comprend des lignes droites, des virages, des changements de rôle et toute situation qui mobilise les acquis des séances précédentes.
Séance 6 : évaluation finale
Dernière séance de la séquence : reprise de la situation de référence pour l'évaluation. Chaque équipe, constituée depuis la deuxième ou la troisième séance, reçoit les consignes suivantes :
vous êtes évalués sur le temps réalisé pour le parcours que vous connaissez et sur un questionnaire rempli individuellement ;
chaque équipe fait le parcours trois fois en changeant de pēperu, le temps total des trois parcours est pris en compte ;
les points obtenus au questionnaire sont déduits du temps réalisé.
Questionnaire individuel : qui dirige le va'a ? (1 point) ; quel est le rôle du tare ? (1 point) ; comment repérer l'avant et l'arrière de la pirogue ? (1 point) ; comment se nomme le rameur placé tout à l'avant ? (1 point) ; que faut-il vérifier avant d'embarquer ? (2 points).
Chaque questionnaire rapporte au plus 6 points, soit 36 points pour une équipe de six : 36 secondes à déduire du temps cumulé des trois parcours. Cet exemple est modifiable selon l'importance donnée aux connaissances ou aux savoir-faire.
Autre possibilité : un classement par équipe. Le trait rouge se déplace vers la droite ou vers la gauche selon que l'on privilégie la performance ou les connaissances.
Niveau 2 : initié
À ce niveau, les élèves savent diriger la pirogue, la propulser efficacement et la remettre à flot. Leur autonomie permet de travailler sur un espace plus grand. La situation de référence vise une meilleure maîtrise des savoir-faire et la gestion de l'énergie sur des efforts plus longs.
Situation de référence
Deux va'a ono. Réaliser un trajet en triangle ou en épingle, selon le plan d'eau, comportant trois virages balancier à l'intérieur et un changement de place des rameurs en pleine eau. Ce changement se fait obligatoirement en sautant à l'eau et en décalant les postes d'un cran : le 1 prend la place du 2, le 2 celle du 3, et ainsi de suite jusqu'au 6, qui prend la place du 1.
Le contrat : après quelques essais chronométrés, l'équipe fixe le temps qu'elle pense réaliser à la fin de la séquence.
Critères de réussite
Réaliser le temps annoncé, à 10 % près : pour 10 minutes annoncées, l'équipe réussit entre 9 et 11 minutes.
Respecter les conditions de réalisation et ne pas toucher les bouées dans les virages.
Cela suppose de savoir remonter à bord en pleine eau, de maîtriser les trajectoires (au moins deux pēperu par équipe, puisque les postes changent), de gérer un effort de 7 à 12 minutes, d'apprécier les difficultés et la marge de progrès, de coopérer et d'agir en équipe.
Séance 1 : mise en œuvre de la situation de référence
La classe est organisée en quatre équipes de six rameurs. Matériel : deux va'a ono, un bateau de sécurité, deux ou trois bouées, rames et gilets de sauvetage.
Échauffement et reprise de contact : navigation près du bord, pour pouvoir changer rapidement d'équipage.
Présentation de la situation de référence : montrer le parcours sur un schéma et le faire repérer sur le plan d'eau ; présenter les consignes par écrit et les expliciter. But sur la situation : réaliser le meilleur temps possible sur l'ensemble du parcours. But sur la séquence : améliorer ce temps et estimer celui que l'équipe pense réaliser au milieu puis à la fin de la séquence.
Organisation : deux équipes rament, les deux autres remplissent la fiche d'observation. L'enseignant tient le chronomètre et annonce les temps au fil du parcours ; leur précision compte, car ils servent de critères de réussite et d'indicateurs pour fixer les objectifs de chaque équipe.
Fiche d'observation : équipe …
Temps réalisé
Du départ au 1er virage
1er virage
Du 1er au 2e virage
2e virage
Du 2e au 3e virage
3e virage
Du 3e virage à l'arrivée
Total
Analyse des fiches, une fois les quatre équipes passées : comparer les équipes, comparer les temps intermédiaires, fixer les objectifs de travail.
La première ligne droite est logiquement plus lente que la deuxième, à cause du départ : on cherche à réduire l'écart en travaillant le départ (mise en action rapide de tous les rameurs, fréquence élevée pour lancer la pirogue, coordination immédiate).
Les virages devraient prendre à peu près le même temps : un écart net appelle un travail sur le virage.
L'écart entre la deuxième et la troisième ligne droite est normal, puisque la deuxième comporte le changement de place : on le réduit en améliorant la technique de changement.
Le dessalage est prévisible, surtout dans les virages. L'équipe concernée refait alors le parcours et en tire des objectifs de travail.
Jeu de la pêche aux perles : deux pirogues et le bateau de sécurité sur l'eau. Depuis le bateau, l'enseignant lance des « perles » (bouteilles vides et fermées). But : être l'équipe qui en récupère le plus. Consigne : ramasser les perles côté balancier sans sauter à l'eau. Variante : autoriser les élèves à sauter à l'eau.
À l'issue de la séance, chaque équipe a montré ses points forts et ses points faibles : les objectifs de travail ne sont pas les mêmes pour toutes. Les séances suivantes se font donc en ateliers, proposés par l'enseignant ou conçus avec les élèves.
Séance 2 : ateliers « virage » et « endurance »
Objectifs. Gérer un effort ; réaliser un virage avec une trajectoire précise en conservant la vitesse.
Atelier 1, en autonomie : améliorer l'endurance
Deux équipes travaillent en alternance avec un va'a ono, sur un aller-retour d'une bouée à l'autre. Chaque équipe fait trois fois le parcours ; entre deux essais, elle récupère pendant le parcours de l'autre équipe (alternance d'effort et de récupération). Pour être efficace, l'effort dure au moins 3 minutes, et 6 au plus pour des raisons de gestion du temps : une distance d'environ 900 mètres. L'équipe au repos chronomètre l'autre. Critère de réussite : des temps semblables à chaque passage.
Atelier 2 : améliorer la trajectoire et réduire la durée du virage
Deux équipes s'essaient à tour de rôle à un virage de trajectoire précise. Comparer les essais pour dégager les critères de réalisation :
la position de la pirogue par rapport à la bouée 1 : serrer de trop près la bouée 2 en début de virage fait finir le virage à l'extérieur de la bouée 3 ;
le déclenchement du virage avant que la pointe de la pirogue n'atteigne la bouée 2 : virer trop tard allonge la distance parcourue ; l'idéal est que le balancier frôle la bouée 2 ;
la position de la pirogue par rapport à la bouée 3 en fin de virage ;
le pēperu et le fa'ahoro n'agissent pas en même temps du côté opposé au balancier : risque de dessalage.
Il faut de nombreux essais pour obtenir une trajectoire correcte. La situation de référence impose qu'au moins deux rameurs de l'équipe passent au poste de pēperu : faites changer le pēperu d'un essai à l'autre.
Séance 3 : ateliers « départ » et « changement de place », évaluation intermédiaire
Échauffement : reprise de la pêche aux perles, en ramassant cette fois les perles en sautant à l'eau. Il faut donc remonter à bord : comment faire ?
Atelier 1, dirigé : changer de place en pleine eau
Un va'a ono, l'enseignant au bord, deux bouées pour délimiter la zone, sur un parcours parallèle à la plage mais en pleine eau, idéalement avec de l'eau jusqu'aux épaules. But : le plus vite possible, le fa'ahoro (n° 6) et le n° 5 prennent la place du pēperu (n° 1) et du n° 2.
Consignes : au signal du tare, le 6 et le 5 sautent à l'eau côté balancier et remontent le plus vite possible à la place du 1 et du 2. Dans le même temps, les 1, 2, 3 et 4 se décalent vers l'avant pour prendre les places libérées. Il est formellement interdit de se mettre debout. Au fil des passages, tous les élèves changent de place par l'eau.
Pour remonter à bord, l'élève prend appui avec les mains sur le bord du va'a, se hisse dans un mouvement de rotation du corps pour se retrouver dos au va'a et s'assoit. L'exercice est parfois difficile, d'autant qu'un gilet volumineux gêne le mouvement ; ce savoir-faire reste nécessaire en cas de dessalage en pleine eau. Ici, les élèves peuvent prendre appui au fond, ce qui ne sera plus le cas loin du bord.
Atelier 2, en autonomie : prendre un départ rapide
Un va'a ono, deux bouées distantes d'environ 150 mètres, un chronomètre ; une équipe sur l'eau, l'autre à terre. But : réagir au signal de l'équipe à terre et rejoindre l'autre bouée le plus vite possible.
Avant le signal, le fa'ahoro place sa rame d'un côté et les autres rameurs alternent (vue de dessus).
Au signal, tous les rameurs se mettent en action en même temps.
Le fa'ahoro donne le rythme du départ : fréquence élevée, trajet de rame court et peu profond. Cette cadence lance le va'a ; elle ne peut pas être tenue longtemps.
Le tare commande le changement de côté.
L'équipe à terre chronomètre du signal jusqu'au passage du nez du va'a à hauteur de la bouée.
Critères de réussite : ramer tous ensemble dès le signal, suivre la cadence donnée par le fa'ahoro, changer de côté de façon coordonnée à l'appel du tare.
Organisation : changement d'atelier à la moitié du temps prévu. La fin de la séance est réservée à la situation de référence : l'enseignant affiche les temps de la première séance, chaque équipe annonce le temps qu'elle vise, puis l'évaluation intermédiaire se déroule comme en séance 1 (deux équipes rament, deux observent).
Séances 4 et 5 : reprise des ateliers et jeux
Reprise du travail en ateliers, avec plus d'initiative laissée aux élèves : ils choisissent l'atelier (virage, endurance, changement de place ou départ) selon les difficultés constatées lors de la dernière prise de performance.
Des situations ludiques servent les objectifs de la séquence :
Le chat et la souris (manœuvres et endurance) : un va'a ono traîne derrière lui, au bout d'une corde, un ballon de basket dans son filet ; l'autre va'a tente de toucher le ballon avec son avant.
Relais slalom.
Relais déménageurs : aller jusqu'au bateau suiveur, prendre un objet donné par l'enseignant et le rapporter à terre. But : avoir le plus d'objets à la fin du temps de jeu.
Relais avec changement de rameurs : trois rameurs changent à chaque aller-retour, les remplaçants attendent dans l'eau. But : être la première équipe à terminer trois allers-retours.
Séance 6 : évaluation finale
Échauffement libre. La situation de référence est proposée deux fois, selon les modalités connues. L'évaluation porte sur trois points :
le temps réalisé comparé au temps annoncé, à 10 % près ;
les temps des équipes comparés entre eux, pour un classement ;
le meilleur temps de chaque équipe comparé à ses premier et deuxième temps, pour mesurer sa marge de progrès.
Projet de classe : connaître la mer
Le cycle de va'a peut s'inscrire dans un projet de classe pluridisciplinaire autour de la mer.
La mer et les hommes : agent de liaison entre les peuples, source de nourriture, environnement.
La mer, milieu actif : marées, vagues ; côtes et océans.
La mer, milieu vivant : la faune ; les animaux fixes, corail et récif.
La mer et les loisirs : les différents bateaux.
La mer et les sports : les grandes courses de pirogues.
Quelques objectifs de travail
Connaître le lagon. Sciences : la faune et la flore, les coraux, le récif, les passes, le platier, les poissons. Sciences et géographie : la composition de l'eau, les courants (repérer leur direction, évaluer leur force, expliquer leur origine). Mathématiques : dresser le plan de la zone d'évolution à partir d'une photo aérienne, d'une carte et des éléments relevés sur le plan d'eau (balises, leur usage et leur code).
Connaître son passé. Histoire : les migrations et les moyens de transport. Sciences : construire des modèles réduits de pirogues, aumoa et titiraina. EPS : des courses de aumoa et de titiraina dans le lagon (document de l'USEP).
La pirogue polynésienne
Des repères culturels à partager avec les élèves.
Les pirogues anciennes
Sans la pirogue, les îles du Pacifique n'auraient pas été peuplées. Outil de pêche, moyen de transport entre les îles ou engin de guerre, elle est remarquable par sa construction, réalisée avec les moyens de l'âge de pierre, et par ses qualités nautiques. Dès 1767, les navigateurs européens décrivent son rôle dans la vie quotidienne des Tahitiens.
On distingue les pirogues doubles et les pirogues à balancier, à pagaie ou à voile. Le va'a, pirogue simple à balancier et à pagaie de 5 à 9 mètres, sert aux petits déplacements et à la pêche côtière ; sa coque est creusée dans un seul tronc, de tamanu par exemple. Le va'a motu, à balancier et à voile, de 10 à 13 mètres, sert à la pêche et aux petits voyages. La pirogue double à voile, tipairua pour le transport et pahi pour le voyage, peut atteindre 25 mètres : c'est avec elle que l'on estime possibles les grands voyages de découverte. Les pirogues doubles à pagaie sont la tira, pour la pêche, et les pirogues de guerre, pahi tama'i.
Les plus grandes pirogues doubles pouvaient transporter plusieurs dizaines de passagers sur des milliers de kilomètres : des navigateurs venus des îles de la Société ont atteint la Nouvelle-Zélande et Hawaii.
Les pirogues d'aujourd'hui
Pirogues utilitaires : la pirogue de pêche (va'a taia), la pirogue à voile équipée de cannes à pêche (va'a tira), la pirogue des rois (va'a moemoe). Pirogues de course : la pirogue à voile (va'a motu), la pirogue individuelle (va'a hoe), la pirogue de trois (va'a toru), la pirogue de six (va'a ono), la pirogue double de seize (va'a tauati). Autrefois taillées dans le bois, elles sont aujourd'hui en fibre de verre, en polyester ou en autres résines synthétiques.
Les courses
D'activité traditionnelle, le va'a est devenu un sport reconnu au plan international. Les courses en ligne se disputent en eau calme, sur six couloirs de 500 mètres de long et 13 mètres de large, sur 500, 1 000 et 3 000 mètres (avec virages au-delà de 500 mètres), en pirogues d'une, six ou douze places. Les fêtes de juillet en sont l'occasion dans la rade de Papeete. En haute mer, citons Papeete, tour de Moorea, Papeete, la Hawaiki Nui ou la Molokai.
La pagaie, hoe
Autrefois lourde, à pale plate prolongée d'un gros manche (hoe aforo), la pagaie s'est allégée : manche affiné terminé par une poignée ou olive (hoe fefe), pale rétrécie et inclinée vers l'avant de 3 à 11 degrés. Cet angle répond à des principes hydrodynamiques : garder la pale perpendiculaire à l'axe de déplacement le plus longtemps possible pendant son trajet dans l'eau.
Les huit grandes pirogues du rassemblement de Raiatea, en 1995
'Aa Kahiki Nui
Tahiti, 45 pieds, 4,4 tonnes
Construite sous la direction de Karim Cowan en bois locaux ('uru, kaori, 'aito, mara, purau…). 'Aa est l'un des noms de l'étoile Sirius, au zénith des îles de la Société. Le voyage à Raiatea fut son baptême.
Hawai'iloa
Hawaii, 57 pieds
Du nom du premier chef qui découvrit l'archipel hawaiien. Ses coques ont été creusées dans deux troncs de sapin offerts par les Tlingit et les Haida d'Alaska ; l'un de ses jeux de voiles est en pandanus natté.
Hōkūle'a
Hawaii, 62,4 pieds, 11 tonnes
Nom hawaiien de l'étoile Arcturus. « Mère » des pirogues doubles contemporaines, elle a rallié les îles de la Société en 1976, 1980 et 1992. Navire-école, elle a reçu des centaines de classes à son bord.
Makali'i
Hawaii, 54 pieds, 6,5 tonnes
Nom hawaiien des Pléiades. Née sur la côte ouest de Big Island à l'initiative d'anciens équipiers de Hōkūle'a, elle a accompli son premier voyage pour le rassemblement de Raiatea.
Takitumu
Rarotonga, 53 pieds, 7 tonnes
« Le fardeau est retiré » : nom donné par le chef Tangiia à sa pirogue, il y a environ six cents ans. Construite en contreplaqué sur le modèle ancien, avec un gréement de ndrua fidjienne.
Te 'Au o Tonga
Rarotonga, 72 pieds, 10 tonnes
« La brume du Sud », nom de la pirogue de Karika, chef samoan établi à Rarotonga il y a six siècles environ. Construite en contreplaqué selon le modèle ancien des tipairua.
Tahiti Nui
Tahiti, 75 pieds, 12 tonnes
La plus longue des huit pirogues. Ses coques reposent sur deux troncs de totara ; de nombreux jeunes Tahitiens ont participé à sa construction et à la sculpture de ses coques.
Te 'Aurere
Aotearoa (Nouvelle-Zélande), 57 pieds, 8 tonnes
Son nom évoque « le déplacement d'un nuage de brume ». Ses coques ont été creusées dans deux troncs centenaires de kauri. Elle forme de jeunes équipages maori à la navigation traditionnelle.
Sources : Te Fenua ; Bengt Danielsson, La Polynésie. Le GT EPS prépare une séquence de va'a pour le tome 2 des livrets Tu'aro mā'ohi.
Accueil / EPS et sections sportives / Le va’a à l’école Le va’a à l’école Activité nautique et pratique patrimoniale, le va’a a toute sa place dans la programmation de l’EPS. Il se pratique dans un cadre de sécurité précis, fixé par l’arrêté n° 1227 CM du 30 août 2007. Les règles de sécurité Séquences pour la classe Pourquoi programmer le va’a ? Le va’a appartient au patrimoine culturel des élèves polynésiens : il est porteur de sens et recueille leur adhésion. En EPS, il relève du champ d’apprentissage « adapter ses déplacements à des environnements variés ». L’activité dépasse la seule acquisition de techniques. Conduite par l’enseignant avec ses élèves, sans souci excessif de technicité, elle s’inscrit dans un projet éducatif global : former des élèves autonomes et responsables, capables d’agir sur leur environnement, de se situer dans le groupe et d’agir sur lui. Elle demande en retour une préparation rigoureuse. Le matériel est lourd et coûteux, le plus souvent prêté par un club, et la sécurité se pose à chaque séance. Construire les compétences d’une pratique sûre est d’ailleurs l’un des premiers objectifs de la séquence. En bref Niveaux : CM1, CM2 et CJA ; des élèves plus jeunes si le matériel est adapté à leur âge. Durée : une dizaine de séances consécutives, avec au moins une heure de pratique effective par séance. Encadrement : activité à encadrement renforcé ; l’intervenant rémunéré détient la carte professionnelle de la DJS et il est agréé par la DGEE. Textes : arrêté n° 1227 CM du 30 août 2007 ; circulaire n° 10790/MEA/DGEE/DAPE/EPS du 1er mars 2021. Organiser un cycle de va’a Trouver le partenaire et le site Le va’a s’enseigne là où les conditions sont favorables : une école de va’a ou un club ouvert aux scolaires à proximité, une équipe éducative stable, un enseignant ou un intervenant qui pratique lui-même. Une convention avec le club ou le prestataire fixe le prêt des pirogues et du bateau de sécurité. Solliciter la commune La demande est adressée à la commune, sous couvert de l’IEN de circonscription. Elle précise le plan d’eau de pratique (zonage) et le lieu de mise à l’eau, équipé au minimum de douches, au mieux de vestiaires. Lorsque la zone n’est pas encore homologuée, la DGEE transmet en parallèle la zone de pratique et la réponse de la commune à la direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM). Réunir les pièces Justificatifs d’identification du bateau de sécurité et agrément de son pilote (pièce d’identité, acte de naissance, permis, assurance responsabilité civile), agrément des intervenants extérieurs, protocole de sécurité établi avec la commune et le prestataire, projet pédagogique. Demander l’autorisation de sortie Le cycle est une sortie régulière : formulaire A1 dans le 1er degré, annexes du 2nd degré pour les collèges et les lycées. La gendarmerie et l’infirmerie sont informées par courrier. Formulaires du 1er degré , calculer la date limite . Le conseiller pédagogique EPS de la circonscription peut accompagner le directeur d’école dans ces démarches. Agréments des intervenants . Les règles de sécurité Annexe de l’arrêté n° 1227 CM du 30 août 2007 réglementant la pratique du va’a en milieu scolaire primaire et secondaire (JOPF du 6 septembre 2007), qui abroge l’arrêté n° 1034 CM du 7 septembre 1989. 1. Savoir nager L’élève justifie de son aptitude à la nage par une attestation officielle d’un organisme habilité : parcours en aisance de 50 mètres au moins, départ sauté ou plongé. À défaut, il réussit un test : 50 mètres en nage libre, départ sauté ou plongé, et un test d’aisance en immersion. 2. Gilet de sauvetage Son port est obligatoire pour tous les élèves. L’enseignant en vérifie l’état et s’assure qu’il est convenablement attaché. 3. Équipement de la pirogue Réserves de flottabilité à l’avant et à l’arrière, ou tout autre dispositif du constructeur assurant la flottabilité. Écopes fixées à l’embarcation par des cordelettes. 4. Le plan d’eau Un plan des zones d’activité, affiché sur le site, indique les limites de navigation et les zones dangereuses interdites. En lagon, l’approche et le franchissement des passes sont strictement interdits ; près d’une passe, l’enseignant analyse avec rigueur le courant (direction, force) et la houle. 5. Organisation des secours L’encadrement dispose des numéros des secours (pompiers, médecins, hôpital, gendarmerie), qu’il est souhaitable d’afficher. Une trousse de premiers secours est présente sur le lieu d’activité. 6. Dispositif de sauvetage Un bateau à moteur d’intervention, adapté au plan d’eau et prêt à l’emploi, équipé d’un dispositif de remorquage d’un va’a. Hors lagon, il est obligatoirement sur l’eau. En lagon, avec une seule pirogue double et l’enseignant à bord, sa présence sur l’eau n’est pas indispensable. 7. Encadrement École élémentaire : une personne ayant la compétence pédagogique pour le niveau visé et une personne chargée de la sécurité ou d’une animation à terre (enseignants ou intervenants extérieurs). L’une des deux est titulaire d’une attestation de premiers secours. Second degré : le professeur d’EPS, qui peut être secondé. Ces modalités valent pour l’effectif d’une classe. 8. Conditions de sortie L’enseignant, responsable pédagogique de la classe, peut suspendre la sortie s’il juge la sécurité insuffisante : conditions météorologiques, force du vent, état de la mer, matériel inadapté ou encadrement insuffisant. 9. Embarcations sur l’eau Leur nombre dépend du niveau des élèves et du type d’embarcation. L’activité ne peut jamais se dérouler avec plus de quatre embarcations en même temps sur le plan d’eau. Pratique hors lagon Dans un site sans lagon, la pratique reste exceptionnelle et suppose une autorisation préalable. Le directeur d’école ou le chef d’établissement transmet un dossier détaillé : caractéristiques géographiques du site, encadrement prévu (nombre d’accompagnateurs et qualifications), dispositifs de sécurité requis par le contexte. L’autorisation n’est pas délivrée si une pratique en lagon est possible à proximité. L’arrêté confiait cette autorisation aux directions de l’enseignement de l’époque : la demande s’adresse aujourd’hui à la DGEE (eps@education.pf ), ou à la direction de l’enseignement privé concernée. Taux d’encadrement dans le 1er degré Les activités nautiques avec embarcation sont des activités à encadrement renforcé : l’intervenant rémunéré détient la carte professionnelle de la DJS. Taux minimum fixés par la circulaire n° 10790/MEA/DGEE/DAPE/EPS du 1er mars 2021 (annexe 2) : École maternelle École élémentaire Jusqu’à 12 élèves : 1 enseignant et 1 adulte diplômé et agréé, ou un autre enseignant. Au-delà : 1 adulte diplômé et agréé, ou un autre enseignant, de plus par groupe de 6 élèves au plus. Jusqu’à 24 élèves : 1 enseignant et 1 adulte agréé, ou un autre enseignant. Au-delà : 1 adulte agréé, ou un autre enseignant, de plus par groupe de 12 élèves au plus. La même circulaire impose une brassière de sécurité conforme, adaptée à la taille et attachée, la réussite à un test de natation et une surveillance constante par une embarcation de sécurité adaptée au plan d’eau. Ces taux concernent l’activité sportive : l’encadrement de la vie collective relève des règles des sorties scolaires. La circulaire n° 6437/MEA du 10 novembre 2021 sur les sorties scolaires du 1er degré reprend les règles de l’arrêté de 2007 en les actualisant : attestation de premiers secours PSC1 ou équivalent (l’arrêté cite l’AFPS), intervenants extérieurs agréés par la DGEE. Conseils pour la mise en œuvre D’après un document de Mme Michèle BECK, IA-IPR EPS. Ces conseils ne remplacent pas la réglementation : ils nourrissent la réflexion des équipes pédagogiques. Un état des lieux : la diversité est la règle Normaliser la pratique dans toutes les écoles condamnerait des organisations qui font, ici et là, la preuve de leur efficacité. Le va’a s’enseigne là où existent des conditions favorables : stabilité de l’équipe éducative, proximité d’une école de va’a ou d’un club ouvert aux scolaires, présence dans l’équipe d’un « expert », souvent pratiquant lui-même, enseignant ou intervenant extérieur. La mise en place reste coûteuse, en argent comme en préparation et en entretien. Le prix d’une pirogue impose le plus souvent de coopérer avec un club, dont le matériel est rarement adapté à l’enseignement scolaire. Pirogues lourdes et encombrantes, malaisées à manipuler hors de l’eau, rames, écopes, gilets : le matériel demande une vigilance constante et un entretien régulier. Enfin, un chavirage peut provoquer la panique d’un élève immergé. Ce risque se prend en compte dans les contenus d’enseignement et dans l’organisation de la leçon. Sécurité passive : le matériel, le lieu, la surveillance Le matériel. Chaque élève porte un gilet de sauvetage que l’enseignant vérifie. Chaque embarcation a ses écopes. On contrôle la flottabilité et l’état des pirogues avant la mise à l’eau, qui se fait sans chocs ; la même vigilance en navigation évite les collisions. Le lieu. À chaque leçon, l’enseignant définit explicitement le périmètre de navigation selon la météo et le contenu de la leçon. Le site le plus sûr devient dangereux par mer agitée ou vent fort : apprécier les risques et décider de maintenir ou de suspendre l’activité lui revient. La surveillance. Toujours accompagné d’un autre intervenant, l’enseignant choisit son organisation et sa place : sur l’eau ou au bord, enseigner ou surveiller. Ce choix tient compte du site, du niveau technique, de la maturité et du comportement des élèves, du contenu de la leçon, de la météo et des compétences de l’intervenant. Le bateau de sécurité : quelques mises au point Son caractère obligatoire concentre les préoccupations des enseignants. Beaucoup passent le permis en pensant acquérir ainsi la compétence nautique. Or l’aisance au pilotage s’acquiert par la pratique : un pilote débutant est un danger potentiel avant d’être une aide. Un bateau de moins de 10 CV se pilote sans permis, mais il manque de puissance pour intervenir sur des pirogues lourdes, a fortiori par houle ou vent fort. S’il transporte des élèves en plus de l’enseignant, il ne peut pas secourir une pirogue. Un moteur de 15 CV, le plus courant, permet de se déplacer vite sur le plan d’eau et de guider un équipage qui vient de chavirer, à condition de ne pas être surchargé d’élèves « en attente ». Il ne permet pas un remorquage efficace. Sécurité active : prévenir la noyade La noyade est le premier risque de toute activité nautique ou aquatique. Quelques précautions simples s’imposent : vérifier au préalable le savoir-nager (voir la règle n° 1) ; faire porter un gilet de sauvetage dûment attaché ; apprendre dès les premières leçons les manœuvres en cas de chavirage : remettre la pirogue à flot, la vider, remonter à bord. Ces premières compétences évitent la panique en cas de dessalage imprévu. Créer les meilleures conditions de pratique Des enseignants compétents. Chaque enseignant apprécie si son expertise lui permet d’enseigner l’activité dans des conditions de sécurité optimales. Si le titulaire de la classe ne se sent pas compétent, un échange de service au sein de l’école est une solution. Un temps de pratique suffisant. La préparation et le rangement du matériel, les explications, le bilan et le trajet jusqu’à la base nautique réduisent la pratique effective. Comptez une dizaine de séances consécutives pour stabiliser les apprentissages et au moins une heure de pratique effective par séance, compte tenu des rotations de rameurs. Le trajet ne doit pas dépasser le temps d’activité. Regrouper les trois heures hebdomadaires d’EPS pendant le cycle peut être envisagé. Des niveaux de classe adaptés. Le portage d’un matériel lourd, dans des espaces encombrés et sur un sol inégal ou glissant, conduit à réserver l’activité aux CM1, CM2 et CJA. Une structure disposant de matériel adapté à l’âge des élèves peut accueillir des élèves plus jeunes. La programmation du va’a, inscrit dans le patrimoine des élèves, ne peut qu’être recommandée. Elle ne peut pourtant l’être au prix de leur sécurité. Enseignant et intervenant : qui fait quoi ? L’enseignant organise. Avant la séance, il constitue les groupes et distribue les rôles (responsable des rames, des gilets, des écopes). Pendant la séance, il veille au respect des règles de sécurité et des consignes. Après, il organise le rangement, le rinçage des gilets et des rames, le portage des pirogues. L’enseignant analyse et structure. Il situe la séance dans le cycle, reprend le vécu de la séance précédente et fixe le thème. Pendant la séance, il recentre l’attention des élèves sur ce thème. Après, sur place ou en classe, il fait le point sur le fonctionnement du groupe et fait parler, écrire ou dessiner les élèves, par exemple autour d’un dessalage involontaire. L’enseignant enseigne et peut assurer la sécurité. Il participe activement à l’enseignement, comme responsable pédagogique de la séance ou en soutien de l’intervenant. S’il est titulaire du permis bateau, il peut se placer sur le bateau de sécurité pendant que l’intervenant anime les situations. L’intervenant extérieur (éducateur sportif, membre de club, parent d’élève) est le plus souvent le technicien qui transmet un savoir-faire. Selon le cas, il est conseiller technique, responsable de la sécurité ou animateur. Enseignant et intervenant s’accordent en début de cycle sur les rôles, les objectifs et les contenus. L’enseignant demeure constamment responsable des élèves qui lui sont confiés, y compris pendant le temps où ils sont avec l’intervenant. Séquences pour la classe Deux séquences de six séances en va’a ono (pirogue à six places), pour des élèves débutants puis initiés. Les situations sont à adapter à la classe, au vécu des élèves, au plan d’eau et à la durée du cycle. L’activité et ses exigences Activité sportive traditionnelle, le va’a est une activité aquatique de propulsion d’une embarcation à l’aide de rames, individuelle ou collective selon l’embarcation. Dans le sport civil, il débouche sur des courses de vitesse ou d’endurance. Il pose à l’élève quatre problèmes : vaincre l’appréhension face à l’incertitude du milieu ; maîtriser l’équilibre de l’embarcation ; propulser, ce qui demande force, endurance et coordination ; acquérir assez d’autonomie pour assumer l’ensemble des contraintes de l’activité. Connaissances Savoir-faire Attitudes et comportements Caractéristiques de l’engin Règles de sécurité Limites de la zone d’évolution Savoir nager Prendre des appuis efficaces pour propulser et diriger Maintenir l’équilibre Gérer son énergie Coordonner des actions collectives Maîtriser son émotivité Coopérer Respecter les règles Assumer des responsabilités La démarche vise des élèves autonomes : l’élève découvre, affine, expérimente, représente et synthétise ; l’enseignant observe, relance, aide, sollicite et reste attentif aux besoins de chacun. Référence : « Le plein air… un jeu d’enfant », Amicale EPS et Revue EPS. Le vocabulaire de la pirogue Pēperu : le rameur qui dirige la pirogue (place n° 1). Tura’i : les rameurs « moteurs » (places 2 à 5) ; l’un d’eux, le tare , rythme la cadence et commande le changement de côté. Fa’ahoro : le rameur qui donne la cadence (place n° 6) ; il aide à diriger dans les virages. Ama : le balancier. Appel : attirer l’eau vers la pirogue. Écart : écarter l’eau en prenant appui sur le bord. Dessalage, ressalage : chavirer, puis remettre la pirogue à flot. Dans ces séquences, les places sont numérotées de l’arrière (1) vers l’avant (6). Niveau 1 : débutant Concevoir une séquence suppose de fixer d’abord le niveau de maîtrise visé, exprimé par une situation de référence. Plusieurs niveaux sont possibles, du débutant qui découvre l’activité à l’élève capable de naviguer seul sur un va’a hoe. Choisissez selon votre classe, le vécu des élèves, les installations et la durée dont vous disposez. Situation de référence Effectuer en va’a ono un parcours comprenant : l’embarquement à un endroit où les rameurs ont pied ; une marche arrière suivie d’un quart de tour ; une ligne droite entre deux bouées ; un virage autour d’une bouée, balancier à l’intérieur du virage ; un arrêt précis, nez de la pirogue contre une bouée ; le débarquement. Critères de réussite Embarquer côté balancier, en posant les fesses sur la pirogue avant de poser les pieds au fond. Tenir la rame de sorte que la face propulsive soit bien orientée, en marche avant comme en marche arrière. Virer près de la bouée qui sert de repère en gardant le plus de vitesse possible, sans toucher la bouée avec la pirogue ni avec le balancier. Passer entre les bouées sans les toucher. Faire participer tous les rameurs à la manœuvre pour faire pivoter la pirogue et l’arrêter à l’endroit voulu. Le temps mis pour réaliser tout le parcours sert d’indicateur, à condition de présenter plusieurs fois exactement le même parcours au cours de la séquence. La comparaison des temps permet à l’enseignant d’évaluer les progrès et aux élèves de s’auto-évaluer. Exemple de dispositif pour la situation de référence. Séance 1 : découvrir le lieu, le matériel et la pirogue Objectifs. Connaissances : port du gilet, zone d’évolution autorisée, personnes et intervenants, parties de la pirogue (distinguer l’avant de l’arrière). Savoir-faire : embarquer, débarquer, manier la rame, suivre une direction. Comportements : participer à la mise en place et au rangement du matériel. Une grande partie de cette première séance porte sur les connaissances. Situation 1 : connaître les lieux et les personnes Visite de la base nautique et de ses installations ; si possible, visite du plan d’eau en petits groupes à bord du bateau de sécurité. Les élèves étudient le plan de la zone d’évolution autorisée (obligatoire) et situent les repères. On vérifie au passage le matériel : écopes (obligatoires), pirogues, gilets. Situation 2 : se mettre en sécurité, préparer la navigation Deux groupes. Groupe A : vérification de l’aisance aquatique ; sur un parcours dans l’eau, les élèves expérimentent les effets du gilet (peut-on s’immerger ? se déplacer sur le ventre, sur le dos ?). Groupe B : présentation de la rame, sa tenue, le trajet moteur, le changement de main. Mise à l’eau des pirogues, autant que possible par les élèves eux-mêmes : c’est la première phase collective de l’activité, qui demande organisation et coordination. Au moins douze élèves portent la pirogue : cinq au moins à chaque extrémité, deux au balancier. Un capitaine, le ra’atira, donne le signal du portage. Situation 3 : naviguer Les pirogues sont à l’eau, tenues au bord par la pointe arrière. Les élèves rament en recherchant les sensations d’appui et la meilleure position des mains sur la rame, puis s’exercent au changement de bord, individuellement puis collectivement. Ensuite, l’enseignant ou l’intervenant embarque comme pēperu : aller d’une bouée à l’autre en coordonnant les rameurs pour une propulsion efficace, revisiter le plan d’eau et vérifier que les élèves localisent les repères. Séance 2 : diriger la pirogue Objectifs. Connaissances : caractéristiques de la pirogue, nom des différentes parties en français et en reo mā’ohi, rappel des règles de sécurité. Savoir-faire : connaître les actions qui dirigent la pirogue, coordonner la propulsion. Comportements : être assez autonome pour mettre les pirogues à l’eau, vérifier le matériel de sécurité et s’équiper des gilets. Situation 1 : connaître la pirogue À partir d’un schéma légendé, désigner et nommer les parties de la pirogue. En fin de séance, le même schéma, sans légende, sert d’évaluation. Situation 2 : embarquer et naviguer en ligne droite Parcours parallèle au bord, passage entre deux bouées sans les toucher ; deux équipes, une pirogue. Chaque équipe fait six passages en changeant de pēperu à chaque fois : tous les élèves passent à ce poste. Les changements d’équipe sont de plus en plus rapides, en respectant les consignes : monter et descendre côté balancier, ne pas se mettre debout dans la pirogue. La situation pose le problème : comment diriger la pirogue, qui la dirige, comment et quand agir ? Situation 3 : apprendre l’appel et l’écart L’appel consiste à attirer l’eau vers la pirogue, l’écart à écarter l’eau en prenant appui sur le bord. Les deux gestes sont montrés à terre. Puis, pirogue perpendiculaire au bord, on manœuvre côté balancier pour obtenir des déplacements latéraux : tous les élèves font des appels, que constate-t-on ? Tous font des écarts, que constate-t-on ? Même travail du côté opposé au balancier : le risque de dessalage est alors important. L’enseignant se tient près du ama pour le retenir lorsqu’il décolle de l’eau. Faire constater le problème et le justifier. Situation 4 : faire pivoter la pirogue Même dispositif. L’enseignant, dans l’eau, tient le ama en son milieu : il est le pivot autour duquel les rameurs font tourner la pirogue. Consigne : faire tourner l’avant vers la droite. Appel ou écart ? Qui fait l’appel, qui fait l’écart ? Reprendre en ajoutant une contrainte : manœuvrer exclusivement côté balancier. Même tâche vers la gauche. Situation 5 : évaluation par le jeu La chasse au trésor : deux pirogues au plus récupèrent le maximum d’objets flottants sur le plan d’eau. Les dessalages sont fréquents dans ce jeu : le bateau de sécurité est sur l’eau et les élèves en sont prévenus. Séance 3 : première mise en œuvre de la situation de référence Proposée plus tôt, la situation de référence aurait posé des problèmes de sécurité à des débutants. En troisième séance, elle permet aux élèves de se situer par rapport à ce qu’ils savent déjà et à ce qu’il leur reste à apprendre. Constituez dès maintenant des équipes de six rameurs, stables jusqu’à la fin de la séquence. Proposez plusieurs fois la situation à chaque équipe : la première tentative relève de la découverte, les suivantes sont évaluées selon les critères de réussite. Séance 4 : virer, changer de place, dessaler et ressaler Objectifs. Connaissances : les rôles des rameurs (fa’ahoro, tare, pēperu). Savoir-faire : les actions à conduire en cas de dessalage, les actions liées à sa place dans des manœuvres comme le virage. Comportements : agir ensemble, maîtriser son émotivité. Situation 1 : réaliser rapidement un virage Il s’agit de maîtriser la trajectoire, pour que la distance parcourue dans le virage soit la plus courte possible, et de conserver la vitesse. Le travail porte sur la conduite de la pirogue, la répartition des rôles et la coordination des actions. Dispositif : un slalom balisé par des bouées plus ou moins rapprochées selon le niveau visé ; deux pirogues sur le plan d’eau. But : réaliser le parcours sans toucher les bouées. Consignes : les rameurs 2 à 5 sont les « moteurs », ils propulsent la pirogue et maintiennent la vitesse sans s’occuper de la direction ; le pēperu et le rameur 6 dirigent la pirogue par des appels ou des écarts ; chaque équipe fait trois fois le parcours en changeant de rôle, pendant que l’autre équipe navigue. 1 : pēperu, qui dirige la pirogue. 2 à 5 : tura’i, les moteurs ; l’un d’eux, le tare, rythme la cadence et indique le changement de côté. 6 : fa’ahoro, qui donne la cadence : les autres rameurs suivent son coup de rame. Il participe activement à la direction, notamment dans les virages. Situation 2 : virer en changeant de place Même objectif, même dispositif. But : réaliser le virage sans toucher les bouées, six fois de suite. À chaque tentative, les rameurs se décalent d’une place : le 6 saute à l’eau et prend la place du 1, ce qui suppose de savoir remonter dans la pirogue en pleine eau. Critère de réussite : quatre virages sur six sans toucher les bouées. Situation 3 : dessaler et ressaler Les élèves provoquent volontairement le dessalage. Le ressalage consiste à remettre la pirogue à flot, récupérer les rames et vider la pirogue. Sécurité : attention au ama lorsqu’il retombe dans l’eau. Sans gilet, il suffit de ne pas remonter immédiatement à la surface ; avec le gilet, qui limite l’immersion, les élèves se protègent la tête avec les bras. Procédure du ressalage : s’assurer qu’aucun rameur n’est blessé ; récupérer les rames ; placer deux rameurs au ama pour le soulever ; placer les autres rameurs pour retourner la pirogue ; vider la pirogue avec l’écope, avec les rames ou en la secouant d’avant en arrière ; lorsqu’elle peut porter un rameur, un premier élève monte à bord, puis un deuxième, et ainsi de suite. Dispositif : eau peu profonde, jusqu’aux épaules des élèves ; deux pirogues. Consignes : se protéger la tête au moment du dessalage, respecter l’ordre des actions. Critères de réussite : ressalage sans intervention de l’adulte, durée acceptable (fixée par l’enseignant), respect de la procédure. Séance 5 : excursion sur le lagon Objectifs. Maîtriser les savoir-faire, prendre des responsabilités, renforcer les connaissances. Après une nouvelle présentation de la zone de navigation sur le plan réalisé à cet effet (en géographie ou en technologie), l’enseignant propose une excursion sur le lagon. Les pirogues sont vérifiées comme à chaque séance (check-list de sécurité) et un adulte embarque sur le bateau suiveur. Les élèves qui ne naviguent pas tout de suite restent à terre sous la responsabilité d’un adulte : ils préparent leur excursion et révisent les connaissances du questionnaire de la séance 6. L’excursion comprend des lignes droites, des virages, des changements de rôle et toute situation qui mobilise les acquis des séances précédentes. Séance 6 : évaluation finale Dernière séance de la séquence : reprise de la situation de référence pour l’évaluation. Chaque équipe, constituée depuis la deuxième ou la troisième séance, reçoit les consignes suivantes : vous êtes évalués sur le temps réalisé pour le parcours que vous connaissez et sur un questionnaire rempli individuellement ; chaque équipe fait le parcours trois fois en changeant de pēperu, le temps total des trois parcours est pris en compte ; les points obtenus au questionnaire sont déduits du temps réalisé. Questionnaire individuel : qui dirige le va’a ? (1 point) ; quel est le rôle du tare ? (1 point) ; comment repérer l’avant et l’arrière de la pirogue ? (1 point) ; comment se nomme le rameur placé tout à l’avant ? (1 point) ; que faut-il vérifier avant d’embarquer ? (2 points). Chaque questionnaire rapporte au plus 6 points, soit 36 points pour une équipe de six : 36 secondes à déduire du temps cumulé des trois parcours. Cet exemple est modifiable selon l’importance donnée aux connaissances ou aux savoir-faire. Autre possibilité : un classement par équipe. Le trait rouge se déplace vers la droite ou vers la gauche selon que l’on privilégie la performance ou les connaissances. Niveau 2 : initié À ce niveau, les élèves savent diriger la pirogue, la propulser efficacement et la remettre à flot. Leur autonomie permet de travailler sur un espace plus grand. La situation de référence vise une meilleure maîtrise des savoir-faire et la gestion de l’énergie sur des efforts plus longs. Situation de référence Deux va’a ono. Réaliser un trajet en triangle ou en épingle, selon le plan d’eau, comportant trois virages balancier à l’intérieur et un changement de place des rameurs en pleine eau. Ce changement se fait obligatoirement en sautant à l’eau et en décalant les postes d’un cran : le 1 prend la place du 2, le 2 celle du 3, et ainsi de suite jusqu’au 6, qui prend la place du 1. Le contrat : après quelques essais chronométrés, l’équipe fixe le temps qu’elle pense réaliser à la fin de la séquence. Critères de réussite Réaliser le temps annoncé, à 10 % près : pour 10 minutes annoncées, l’équipe réussit entre 9 et 11 minutes. Respecter les conditions de réalisation et ne pas toucher les bouées dans les virages. Cela suppose de savoir remonter à bord en pleine eau, de maîtriser les trajectoires (au moins deux pēperu par équipe, puisque les postes changent), de gérer un effort de 7 à 12 minutes, d’apprécier les difficultés et la marge de progrès, de coopérer et d’agir en équipe. Plan de la séquence Séance 1 : mise en œuvre de la situation de référence. Séance 2 : ateliers « virage » et « effort peu intense de longue durée ». Séance 3 : ateliers « départ » et « changement de place », puis évaluation intermédiaire. Séances 4 et 5 : reprise des ateliers. Séance 6 : évaluation finale. Séance 1 : mise en œuvre de la situation de référence La classe est organisée en quatre équipes de six rameurs. Matériel : deux va’a ono, un bateau de sécurité, deux ou trois bouées, rames et gilets de sauvetage. Échauffement et reprise de contact : navigation près du bord, pour pouvoir changer rapidement d’équipage. Présentation de la situation de référence : montrer le parcours sur un schéma et le faire repérer sur le plan d’eau ; présenter les consignes par écrit et les expliciter. But sur la situation : réaliser le meilleur temps possible sur l’ensemble du parcours. But sur la séquence : améliorer ce temps et estimer celui que l’équipe pense réaliser au milieu puis à la fin de la séquence. Organisation : deux équipes rament, les deux autres remplissent la fiche d’observation. L’enseignant tient le chronomètre et annonce les temps au fil du parcours ; leur précision compte, car ils servent de critères de réussite et d’indicateurs pour fixer les objectifs de chaque équipe. Fiche d’observation : équipe … Temps réalisé Du départ au 1er virage 1er virage Du 1er au 2e virage 2e virage Du 2e au 3e virage 3e virage Du 3e virage à l’arrivée Total Analyse des fiches , une fois les quatre équipes passées : comparer les équipes, comparer les temps intermédiaires, fixer les objectifs de travail. La première ligne droite est logiquement plus lente que la deuxième, à cause du départ : on cherche à réduire l’écart en travaillant le départ (mise en action rapide de tous les rameurs, fréquence élevée pour lancer la pirogue, coordination immédiate). Les virages devraient prendre à peu près le même temps : un écart net appelle un travail sur le virage. L’écart entre la deuxième et la troisième ligne droite est normal, puisque la deuxième comporte le changement de place : on le réduit en améliorant la technique de changement. Le dessalage est prévisible, surtout dans les virages. L’équipe concernée refait alors le parcours et en tire des objectifs de travail. Jeu de la pêche aux perles : deux pirogues et le bateau de sécurité sur l’eau. Depuis le bateau, l’enseignant lance des « perles » (bouteilles vides et fermées). But : être l’équipe qui en récupère le plus. Consigne : ramasser les perles côté balancier sans sauter à l’eau. Variante : autoriser les élèves à sauter à l’eau. À l’issue de la séance, chaque équipe a montré ses points forts et ses points faibles : les objectifs de travail ne sont pas les mêmes pour toutes. Les séances suivantes se font donc en ateliers, proposés par l’enseignant ou conçus avec les élèves. Séance 2 : ateliers « virage » et « endurance » Objectifs. Gérer un effort ; réaliser un virage avec une trajectoire précise en conservant la vitesse. Atelier 1, en autonomie : améliorer l’endurance Deux équipes travaillent en alternance avec un va’a ono, sur un aller-retour d’une bouée à l’autre. Chaque équipe fait trois fois le parcours ; entre deux essais, elle récupère pendant le parcours de l’autre équipe (alternance d’effort et de récupération). Pour être efficace, l’effort dure au moins 3 minutes, et 6 au plus pour des raisons de gestion du temps : une distance d’environ 900 mètres. L’équipe au repos chronomètre l’autre. Critère de réussite : des temps semblables à chaque passage. Atelier 2 : améliorer la trajectoire et réduire la durée du virage Deux équipes s’essaient à tour de rôle à un virage de trajectoire précise. Comparer les essais pour dégager les critères de réalisation : la position de la pirogue par rapport à la bouée 1 : serrer de trop près la bouée 2 en début de virage fait finir le virage à l’extérieur de la bouée 3 ; le déclenchement du virage avant que la pointe de la pirogue n’atteigne la bouée 2 : virer trop tard allonge la distance parcourue ; l’idéal est que le balancier frôle la bouée 2 ; la position de la pirogue par rapport à la bouée 3 en fin de virage ; le pēperu et le fa’ahoro n’agissent pas en même temps du côté opposé au balancier : risque de dessalage. Il faut de nombreux essais pour obtenir une trajectoire correcte. La situation de référence impose qu’au moins deux rameurs de l’équipe passent au poste de pēperu : faites changer le pēperu d’un essai à l’autre. Séance 3 : ateliers « départ » et « changement de place », évaluation intermédiaire Échauffement : reprise de la pêche aux perles, en ramassant cette fois les perles en sautant à l’eau. Il faut donc remonter à bord : comment faire ? Atelier 1, dirigé : changer de place en pleine eau Un va’a ono, l’enseignant au bord, deux bouées pour délimiter la zone, sur un parcours parallèle à la plage mais en pleine eau, idéalement avec de l’eau jusqu’aux épaules. But : le plus vite possible, le fa’ahoro (n° 6) et le n° 5 prennent la place du pēperu (n° 1) et du n° 2. Consignes : au signal du tare, le 6 et le 5 sautent à l’eau côté balancier et remontent le plus vite possible à la place du 1 et du 2. Dans le même temps, les 1, 2, 3 et 4 se décalent vers l’avant pour prendre les places libérées. Il est formellement interdit de se mettre debout. Au fil des passages, tous les élèves changent de place par l’eau. Pour remonter à bord, l’élève prend appui avec les mains sur le bord du va’a, se hisse dans un mouvement de rotation du corps pour se retrouver dos au va’a et s’assoit. L’exercice est parfois difficile, d’autant qu’un gilet volumineux gêne le mouvement ; ce savoir-faire reste nécessaire en cas de dessalage en pleine eau. Ici, les élèves peuvent prendre appui au fond, ce qui ne sera plus le cas loin du bord. Atelier 2, en autonomie : prendre un départ rapide Un va’a ono, deux bouées distantes d’environ 150 mètres, un chronomètre ; une équipe sur l’eau, l’autre à terre. But : réagir au signal de l’équipe à terre et rejoindre l’autre bouée le plus vite possible. Avant le signal, le fa’ahoro place sa rame d’un côté et les autres rameurs alternent (vue de dessus). Au signal, tous les rameurs se mettent en action en même temps. Le fa’ahoro donne le rythme du départ : fréquence élevée, trajet de rame court et peu profond. Cette cadence lance le va’a ; elle ne peut pas être tenue longtemps. Le tare commande le changement de côté. L’équipe à terre chronomètre du signal jusqu’au passage du nez du va’a à hauteur de la bouée. Critères de réussite : ramer tous ensemble dès le signal, suivre la cadence donnée par le fa’ahoro, changer de côté de façon coordonnée à l’appel du tare. Organisation : changement d’atelier à la moitié du temps prévu. La fin de la séance est réservée à la situation de référence : l’enseignant affiche les temps de la première séance, chaque équipe annonce le temps qu’elle vise, puis l’évaluation intermédiaire se déroule comme en séance 1 (deux équipes rament, deux observent). Séances 4 et 5 : reprise des ateliers et jeux Reprise du travail en ateliers, avec plus d’initiative laissée aux élèves : ils choisissent l’atelier (virage, endurance, changement de place ou départ) selon les difficultés constatées lors de la dernière prise de performance. Des situations ludiques servent les objectifs de la séquence : Le chat et la souris (manœuvres et endurance) : un va’a ono traîne derrière lui, au bout d’une corde, un ballon de basket dans son filet ; l’autre va’a tente de toucher le ballon avec son avant. Relais slalom. Relais déménageurs : aller jusqu’au bateau suiveur, prendre un objet donné par l’enseignant et le rapporter à terre. But : avoir le plus d’objets à la fin du temps de jeu. Relais avec changement de rameurs : trois rameurs changent à chaque aller-retour, les remplaçants attendent dans l’eau. But : être la première équipe à terminer trois allers-retours. Séance 6 : évaluation finale Échauffement libre. La situation de référence est proposée deux fois, selon les modalités connues. L’évaluation porte sur trois points : le temps réalisé comparé au temps annoncé, à 10 % près ; les temps des équipes comparés entre eux, pour un classement ; le meilleur temps de chaque équipe comparé à ses premier et deuxième temps, pour mesurer sa marge de progrès. Projet de classe : connaître la mer Le cycle de va’a peut s’inscrire dans un projet de classe pluridisciplinaire autour de la mer. La mer et les hommes : agent de liaison entre les peuples, source de nourriture, environnement. La mer, milieu actif : marées, vagues ; côtes et océans. La mer, milieu vivant : la faune ; les animaux fixes, corail et récif. La mer et les loisirs : les différents bateaux. La mer et les sports : les grandes courses de pirogues. Quelques objectifs de travail Connaître le lagon. Sciences : la faune et la flore, les coraux, le récif, les passes, le platier, les poissons. Sciences et géographie : la composition de l’eau, les courants (repérer leur direction, évaluer leur force, expliquer leur origine). Mathématiques : dresser le plan de la zone d’évolution à partir d’une photo aérienne, d’une carte et des éléments relevés sur le plan d’eau (balises, leur usage et leur code). Connaître son passé. Histoire : les migrations et les moyens de transport. Sciences : construire des modèles réduits de pirogues, aumoa et titiraina. EPS : des courses de aumoa et de titiraina dans le lagon (document de l’USEP). La pirogue polynésienne Des repères culturels à partager avec les élèves. Les pirogues anciennes Sans la pirogue, les îles du Pacifique n’auraient pas été peuplées. Outil de pêche, moyen de transport entre les îles ou engin de guerre, elle est remarquable par sa construction, réalisée avec les moyens de l’âge de pierre, et par ses qualités nautiques. Dès 1767, les navigateurs européens décrivent son rôle dans la vie quotidienne des Tahitiens. On distingue les pirogues doubles et les pirogues à balancier, à pagaie ou à voile. Le va’a, pirogue simple à balancier et à pagaie de 5 à 9 mètres, sert aux petits déplacements et à la pêche côtière ; sa coque est creusée dans un seul tronc, de tamanu par exemple. Le va’a motu, à balancier et à voile, de 10 à 13 mètres, sert à la pêche et aux petits voyages. La pirogue double à voile, tipairua pour le transport et pahi pour le voyage, peut atteindre 25 mètres : c’est avec elle que l’on estime possibles les grands voyages de découverte. Les pirogues doubles à pagaie sont la tira, pour la pêche, et les pirogues de guerre, pahi tama’i. Les plus grandes pirogues doubles pouvaient transporter plusieurs dizaines de passagers sur des milliers de kilomètres : des navigateurs venus des îles de la Société ont atteint la Nouvelle-Zélande et Hawaii. Les pirogues d’aujourd’hui Pirogues utilitaires : la pirogue de pêche (va’a taia), la pirogue à voile équipée de cannes à pêche (va’a tira), la pirogue des rois (va’a moemoe). Pirogues de course : la pirogue à voile (va’a motu), la pirogue individuelle (va’a hoe), la pirogue de trois (va’a toru), la pirogue de six (va’a ono), la pirogue double de seize (va’a tauati). Autrefois taillées dans le bois, elles sont aujourd’hui en fibre de verre, en polyester ou en autres résines synthétiques. Les courses D’activité traditionnelle, le va’a est devenu un sport reconnu au plan international. Les courses en ligne se disputent en eau calme, sur six couloirs de 500 mètres de long et 13 mètres de large, sur 500, 1 000 et 3 000 mètres (avec virages au-delà de 500 mètres), en pirogues d’une, six ou douze places. Les fêtes de juillet en sont l’occasion dans la rade de Papeete. En haute mer, citons Papeete, tour de Moorea, Papeete, la Hawaiki Nui ou la Molokai. La pagaie, hoe Autrefois lourde, à pale plate prolongée d’un gros manche (hoe aforo), la pagaie s’est allégée : manche affiné terminé par une poignée ou olive (hoe fefe), pale rétrécie et inclinée vers l’avant de 3 à 11 degrés. Cet angle répond à des principes hydrodynamiques : garder la pale perpendiculaire à l’axe de déplacement le plus longtemps possible pendant son trajet dans l’eau. Les huit grandes pirogues du rassemblement de Raiatea, en 1995 ‘Aa Kahiki Nui Tahiti, 45 pieds, 4,4 tonnes Construite sous la direction de Karim Cowan en bois locaux (‘uru, kaori, ‘aito, mara, purau…). ‘Aa est l’un des noms de l’étoile Sirius, au zénith des îles de la Société. Le voyage à Raiatea fut son baptême. Hawai’iloa Hawaii, 57 pieds Du nom du premier chef qui découvrit l’archipel hawaiien. Ses coques ont été creusées dans deux troncs de sapin offerts par les Tlingit et les Haida d’Alaska ; l’un de ses jeux de voiles est en pandanus natté. Hōkūle’a Hawaii, 62,4 pieds, 11 tonnes Nom hawaiien de l’étoile Arcturus. « Mère » des pirogues doubles contemporaines, elle a rallié les îles de la Société en 1976, 1980 et 1992. Navire-école, elle a reçu des centaines de classes à son bord. Makali’i Hawaii, 54 pieds, 6,5 tonnes Nom hawaiien des Pléiades. Née sur la côte ouest de Big Island à l’initiative d’anciens équipiers de Hōkūle’a, elle a accompli son premier voyage pour le rassemblement de Raiatea. Takitumu Rarotonga, 53 pieds, 7 tonnes « Le fardeau est retiré » : nom donné par le chef Tangiia à sa pirogue, il y a environ six cents ans. Construite en contreplaqué sur le modèle ancien, avec un gréement de ndrua fidjienne. Te ‘Au o Tonga Rarotonga, 72 pieds, 10 tonnes « La brume du Sud », nom de la pirogue de Karika, chef samoan établi à Rarotonga il y a six siècles environ. Construite en contreplaqué selon le modèle ancien des tipairua. Tahiti Nui Tahiti, 75 pieds, 12 tonnes La plus longue des huit pirogues. Ses coques reposent sur deux troncs de totara ; de nombreux jeunes Tahitiens ont participé à sa construction et à la sculpture de ses coques. Te ‘Aurere Aotearoa (Nouvelle-Zélande), 57 pieds, 8 tonnes Son nom évoque « le déplacement d’un nuage de brume ». Ses coques ont été creusées dans deux troncs centenaires de kauri. Elle forme de jeunes équipages maori à la navigation traditionnelle. Sources : Te Fenua ; Bengt Danielsson, La Polynésie. Le GT EPS prépare une séquence de va’a pour le tome 2 des livrets Tu’aro mā’ohi . Textes et ressources PDF Arrêté n° 1227 CM du 30 août 2007 Réglementation de la pratique du va’a en milieu scolaire primaire et secondaire, avec son annexe Consulter PDF Arrêté n° 1227 CM : extrait du JOPF Journal officiel de la Polynésie française du 6 septembre 2007 Consulter PDF Quelques conseils pour la mise en œuvre de l’activité va’a à l’école Programmer, sécuriser, organiser la pratique Consulter PDF Circulaire n° 10790/MEA/DGEE/DAPE/EPS du 1er mars 2021 Intervenants en activités physiques et sportives dans les écoles, taux d’encadrement (annexe 2) Consulter PDF Circulaire n° 6437/MEA du 10 novembre 2021 Sorties et voyages scolaires dans le 1er degré Consulter PDF Fiche n° 4 de la DJS : activités nautiques avec embarcation Voile, canoë et kayak, va’a (édition 2023) Consulter WORD Fiche mémo sécurité : va’a 1er degré, édition 2021 : à ajuster à chaque sortie Télécharger WEB Activités physiques de pleine nature Le cadre, les qualifications des intervenants, les fiches mémo sécurité et les fiches de la DJS Consulter WEB Démarches auprès de la DJS et de la DPAM Carte professionnelle, manifestations nautiques (courses de va’a) Consulter WEB Tu’aro mā’ohi à l’école Livrets du GT EPS, jeux traditionnels, lexiques de l’EPS en reo mā’ohi Consulter Une question : eps@education.pf . Voir aussi les questions fréquentes . vaa va’a pirogue hoe